« La
muerte me enseñó
que
no se muere de amor.
Se
vive de amor. »
Juan
Gelman
« La mort m’a enseigné
que ne mourons pas d’amour.
Nous en vivons. »
Juan
Gelman (traduit par Cristina Castello), extracto de un poema elegido por
André Chenet
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Le poète André Chenet a accompli sa
dernière performance, lors de la clôture du dernier Festival International de
Poésie de Buenos Aires. Il nous a laissé un testament provisoire. Après s’être
pendu à la fenêtre d’un miroir. Le poète Andrés de la Buena Nueva, poète de
Buenos Aires, qui fut le dernier interlocuteur d’André Chenet, témoigne :
« Je voulais rendre la
conversation intense que j’ai eu avec mon nouvel ami, qui n’avait plus peur de
rien et m’a fait l’impression d’un tâche d’encre sur un page ». La poésie
ne meurt jamais. Combien même il n’y aurait plus personne pour l’écouter. »
El
poeta André Chenet hizo su última performance, en la clausura del último
Festival Internacional de Poesía de Buenos Aires. Nos dejó un testamento provisorio,
después de haberse colgado en la ventana de un espejo. El poeta Andrés de la
Buena Nueva, poeta de Buenos Aires, que fue el último interlocutor de André
Chenet, testimonia:
« Quise
contarles la conversación intensa que tuve con mi nuevo amigo, quien no tenía
más miedo a nada y que me dio la impresión de una mancha de tinta en la página».
La poesía no muere jamás. Aún si no hay nadie para escucharla. »
"C'est l'heure de mourir à Buenos Aires
c'est l'heure de chanter l'heure de partir
avec le poème de la dernière chance" André Chenet
c'est l'heure de chanter l'heure de partir
avec le poème de la dernière chance" André Chenet
Pendaison
Il s'est pendu
le poète
à la fenêtre des minuits
Il s'est pendu
le poète
à la fenêtre des minuits
Le vin coulait à flots
et le ciel déroulait
d'un hémisphère à l'autre
un cortège de constellations
sur le grand écran du monde
Il s'est pendu le poète
anonyme
dans le silence déroutant
des monstres électroniques
et des signes mathématiques
Il s'est jeté dans le vide
sidérant de l'amour
et du mal de vivre
Souvenez-vous ou non de lui
et de ses semblables
lesquels allumaient
des feux de camp couleur de sang
pour attiser les révolutions
de la création
Le poète s'est pendu
parce qu'il ne pouvait plus respirer
parce ce qu'il ne trouvait plus de mots
pour défricher les chemins du cœur
ouvrir les portes closes
des lendemains enchantés
Dans la rubrique des faits divers
des journaux de Buenos Aires
daté du neuf mai deux mille treize
dans un encadré on a pu lire :
un poète français s'est pendu
à la fenêtre des minuits
Andrés de la Buena Nueva
Buenos-Aires, le 10 mai 2013
et le ciel déroulait
d'un hémisphère à l'autre
un cortège de constellations
sur le grand écran du monde
Il s'est pendu le poète
anonyme
dans le silence déroutant
des monstres électroniques
et des signes mathématiques
Il s'est jeté dans le vide
sidérant de l'amour
et du mal de vivre
Souvenez-vous ou non de lui
et de ses semblables
lesquels allumaient
des feux de camp couleur de sang
pour attiser les révolutions
de la création
Le poète s'est pendu
parce qu'il ne pouvait plus respirer
parce ce qu'il ne trouvait plus de mots
pour défricher les chemins du cœur
ouvrir les portes closes
des lendemains enchantés
Dans la rubrique des faits divers
des journaux de Buenos Aires
daté du neuf mai deux mille treize
dans un encadré on a pu lire :
un poète français s'est pendu
à la fenêtre des minuits
Andrés de la Buena Nueva
Buenos-Aires, le 10 mai 2013
Colgamiento
Se colgó
Se colgó
el poeta
a la ventana de las
medianoches
El
vino corría a mares
y
el cielo desplegaba
de
un hemisferio al otro
un
cortejo de constelaciones
sobre
el gran telón del mundo
Se colgó al poeta
Se colgó al poeta
anónimo
en
el silencio desconcertado
de
los monstruos electrónicos
y
de los signos matemáticos
Se tiró en el vacío
Se tiró en el vacío
pasmado
de amor
y
de mal vivir
Recuérdenlo
ustedes o no
a
él y a sus semejantes
que
alumbraban
fogatas
color sangre
para
atizar las revoluciones
de
la creación
El
poeta se colgó
porque
no podía ya respirar
porque
no encontraba más palabras
para
descifrar los caminos del corazón
y
abrir las puertas cerradas
de
los mañanas encantados
En
la rúbrica de hechos diversos
de
los diarios de Buenos Aires
fechada
el nueve de mayo de dos mil trece
en
un recuadro podía leerse:
un
poeta francés se colgó
a
la ventana de las medianoches
Andrés de la Buena Nueva
(Traducción en castillano: Cristina Castello)
Buenos Aires, 10 de mayo de 2013
Mis en ligne par Cristina Castello, Buenos Aires le 11/05/2013
