samedi 11 mai 2013

Over-dose de tango à Buenos Aires



« La muerte me enseñó

que no se muere de amor.

Se vive de amor. »

Juan Gelman

« La mort m’a enseigné

que ne mourons pas d’amour.

Nous en vivons.  »

Juan Gelman (traduit par Cristina Castello), extracto de un poema elegido por André Chenet
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Le poète André Chenet a accompli sa dernière performance, lors de la clôture du dernier Festival International de Poésie de Buenos Aires. Il nous a laissé un testament provisoire. Après s’être pendu à la fenêtre d’un miroir. Le poète Andrés de la Buena Nueva, poète de Buenos Aires, qui fut le dernier interlocuteur d’André Chenet, témoigne :
« Je voulais rendre la conversation intense que j’ai eu avec mon nouvel ami, qui n’avait plus peur de rien et m’a fait l’impression d’un tâche d’encre sur un page ». La poésie ne meurt jamais. Combien même il n’y aurait plus personne pour l’écouter. »


El poeta André Chenet hizo su última performance, en la clausura del último Festival Internacional de Poesía de Buenos Aires. Nos dejó un testamento provisorio, después de haberse colgado en la ventana de un espejo. El poeta Andrés de la Buena Nueva, poeta de Buenos Aires, que fue el último interlocutor de André Chenet, testimonia:
« Quise contarles la conversación intensa que tuve con mi nuevo amigo, quien no tenía más miedo a nada y que me dio la impresión de una mancha de tinta en la página». La poesía no muere jamás. Aún si no hay nadie para escucharla. »

 "C'est l'heure de mourir à Buenos Aires
c'est l'heure de chanter l'heure de partir
avec le poème de la dernière chance
" André Chenet

 


Pendaison   

Il s'est pendu
le poète
à la fenêtre des minuits
Le vin coulait à flots
et le ciel déroulait
d'un hémisphère à l'autre
un cortège de constellations
sur le grand écran du monde

Il s'est pendu le poète
anonyme
dans le silence déroutant
des monstres électroniques
et des signes mathématiques

Il s'est jeté dans le vide
sidérant de l'amour
et du mal de vivre

Souvenez-vous ou non de lui
et de ses semblables
lesquels allumaient
des feux de camp couleur de sang
pour attiser les révolutions
de la création

Le poète s'est pendu
parce qu'il ne pouvait plus respirer
parce ce qu'il ne trouvait plus de mots
pour défricher les chemins du cœur
ouvrir les portes closes
des lendemains enchantés

Dans la rubrique des faits divers
des  journaux de Buenos Aires
daté du neuf mai deux mille treize
dans un encadré on a pu lire :
un poète français s'est pendu
à la fenêtre des minuits

Andrés de la Buena Nueva

            Buenos-Aires, le 10 mai 2013



 


Colgamiento

Se colgó
el poeta
a la ventana de las medianoches

El vino corría a mares
y el cielo desplegaba
de un hemisferio al otro
un cortejo de constelaciones
sobre el gran telón del mundo

Se colgó al poeta
anónimo
en el silencio desconcertado
de los monstruos electrónicos
y de los signos matemáticos

Se tiró en el vacío
pasmado de amor
y de mal vivir

Recuérdenlo ustedes o no
a él y a sus semejantes  
que alumbraban
fogatas color sangre
para atizar las revoluciones
de la creación

El poeta se colgó
porque no podía ya respirar
porque no encontraba más palabras
para descifrar los caminos del corazón
y abrir las puertas cerradas
de los mañanas encantados

En la rúbrica de hechos diversos
de los diarios de Buenos Aires
fechada el nueve de mayo de dos mil trece
en un recuadro podía leerse:
un poeta francés se colgó
a la ventana de las medianoches

Andrés de la Buena Nueva
(Traducción en castillano: Cristina Castello)
                Buenos Aires, 10 de mayo de 2013







 Mis en ligne par Cristina Castello, Buenos Aires le 11/05/2013